TL;DR — L'essentiel en 30 secondes
- Si tu pars plus de 6 mois et n'as plus de foyer en France → tu deviens non-résident fiscal français et tu ne paies plus d'impôts en France sur tes revenus australiens.
- Avant de partir : préviens ton centre des impôts, déclare tes revenus jusqu'à la date de départ, ferme ou gèle ton PEA si tu en as un.
- Revenus de source française (loyer, dividendes, pension) → toujours imposables en France même depuis l'Australie.
- La convention fiscale France-Australie (1976, mise à jour 2018) empêche la double imposition — tu ne paies pas deux fois.
- En 2026, le taux minimum d'imposition des non-résidents sur les revenus français est de 20 % jusqu'à 29 579 €, puis 30 % au-delà.
- Ton PVT Australie est géré par le Service des Impôts des Particuliers Non-Résidents à Noisy-le-Grand.
Tu t'apprêtes à partir en PVT Australie et tu te poses la question que tout le monde se pose sans vraiment trouver de réponse claire : est-ce que je dois continuer à payer des impôts en France pendant mon WHV ? Est-ce que mon salaire australien sera imposé en France en plus d'être taxé en Australie ? Et qu'est-ce qui se passe si je loue mon appartement à Paris pendant mon absence ?
La bonne nouvelle : si tu coupes correctement le cordon fiscal avec la France avant de partir, tu ne paieras tes impôts qu'en Australie sur tes revenus australiens. La mauvaise : "couper le cordon" ne s'improvise pas, et les erreurs coûtent cher au retour. Cet article te donne le cadre légal exact, les démarches concrètes, et les 3 cas auxquels tu peux être confronté.
Important : cet article couvre les obligations fiscales françaises pendant le PVT. Pour tout ce qui concerne les impôts australiens (ATO, myTax, TFN, remboursement tax return), consulte notre guide dédié sur le tax return australien pour les PVTistes.
Résidence fiscale : le concept qui change tout
La résidence fiscale, c'est le critère qui détermine dans quel pays tu dois payer tes impôts. Elle n'a rien à voir avec ta nationalité, ton passeport, ou ton lieu d'habitation physique au sens courant. C'est un statut légal défini par l'article 4B du Code Général des Impôts (CGI) en France.
Tu es résident fiscal français si l'une de ces conditions est remplie :
- Ton foyer (famille, conjoint, enfants) est en France
- Ton séjour principal est en France (plus de 183 jours par an en France)
- Ton activité professionnelle principale est exercée en France
- Le centre de tes intérêts économiques est en France (revenus principaux, investissements)
Si aucune de ces conditions n'est remplie, tu deviens non-résident fiscal français. Pour la grande majorité des PVTistes qui partent seuls et sans revenus en France, c'est le cas qui s'applique après quelques mois.
Du côté australien, l'ATO (Australian Taxation Office) te considère comme résident fiscal australien si tu séjournes plus de 183 jours dans l'année fiscale australienne (qui va du 1er juillet au 30 juin). Note qu'il existe des nuances : les Working Holiday Makers (visa 417) sont automatiquement taxés à 15 % sur les premiers 45 000 AUD gagnés depuis 2017 — consulte notre article sur le tax return australien pour les détails.
Avant le départ : les 4 démarches obligatoires
Chaque année, des centaines de PVTistes rentrent de leur WHV et découvrent au moment de leur déclaration de revenus que leur situation fiscale est un vrai sac de nœuds — parce qu'ils n'ont rien fait avant de partir. Évite ça.
1. Prévenir ton centre des impôts de ton départ
Contact ton Centre des Finances Publiques et signale ton changement de résidence fiscale. Tu peux le faire en ligne via ton espace particulier sur impots.gouv.fr (rubrique "Je pars à l'étranger") ou par courrier. Indique la date de départ prévue et l'adresse en Australie si tu l'as. Ce changement bascule ta gestion vers le Service des Impôts des Particuliers Non-Résidents (SIPNR) basé à Noisy-le-Grand (75-77 impasse Auguste Lançon, 93517 Montreuil Cedex).
2. Faire ta déclaration de revenus pour la période française
Tu dois déclarer tes revenus français jusqu'à la date de ton départ (même si tu pars en cours d'année). En pratique : si tu pars le 1er mars 2026, tu déclares les revenus de janvier et février 2026 sur la déclaration 2027 (pour les revenus 2026). Le formulaire utilisé est le 2042 NR (non-résidents).
3. Gérer ton PEA si tu en as un
C'est le point que 80 % des PVTistes ignorent et qui coûte cher. Un non-résident fiscal ne peut pas alimenter un Plan d'Épargne en Actions (PEA). Si tu continues à verser dessus depuis l'Australie, tu risques la clôture fiscale forcée et des pénalités. La solution : geler les versements avant le départ, et ne reprendre qu'à ton retour en France quand tu redeviens résident fiscal. Les gains accumulés ne sont pas imposés si tu ne touches pas au PEA pendant ton absence.
4. Prévenir ta banque française
Informe ta banque de ton changement de résidence fiscale — elle est légalement tenue de le savoir pour les déclarations FATCA/CRS. Ça évite aussi les blocages de carte bleue à l'étranger. Garde ton compte français actif : tu en auras besoin à ton retour et pour les éventuels virements depuis l'Australie (via ton compte bancaire australien).
Pendant le PVT : tes 3 situations possibles
Une fois en Australie, ta situation fiscale française dépend de trois facteurs : la durée de ton séjour, tes liens avec la France, et tes revenus de source française.
Cas 1 — Tu n'as plus aucun lien financier avec la France
C'est la situation la plus simple et la plus fréquente. Tu es parti·e seul·e, tu n'as plus de loyer à payer en France, pas de revenus français, pas de famille à ta charge restée en France. Dans ce cas : tu es non-résident fiscal français, et tu ne dois rien déclarer en France tant que tu n'as pas de revenus de source française. Tu paies tes impôts uniquement en Australie via l'ATO.
Cas 2 — Tu gardes un foyer ou des revenus en France
Tu loues ton appartement à Paris, tu perçois des dividendes, tu as un conjoint resté en France, ou tu continues à exercer une activité pro française à distance. Dans ce cas, tu peux rester résident fiscal français même en Australie. Conséquence : tu dois déclarer tous tes revenus mondiaux en France, y compris tes revenus australiens. La convention fiscale franco-australienne (voir ci-dessous) évite la double imposition, mais la déclaration reste obligatoire.
Cas 3 — PVT de moins de 6 mois ou séjour fragmenté
Si tu pars moins de 6 mois, ou si tu rentres et repars en France plusieurs fois dans l'année (séjour fragmenté), l'administration fiscale française peut considérer que ton séjour principal reste en France. Résultat : tu restes potentiellement résident fiscal français sur toute l'année civile. Ce cas est rare pour les PVTistes classiques, mais il peut concerner les personnes qui font un "test" avant de s'engager sur un an.
| Situation | Résidence fiscale | Déclaration France ? | Déclaration Australie ? |
|---|---|---|---|
| PVT +6 mois, aucun lien France | Australienne | Non (sauf revenus français) | Oui (ATO / myTax) |
| PVT +6 mois, foyer ou revenus France | Française | Oui (tous revenus mondiaux) | Oui (ATO / myTax) |
| PVT -6 mois ou fragmenté | Probablement française | Oui (revenus mondiaux) | Oui si +183 jours |
Les revenus de source française : ce qui reste imposable en France
Même si tu es non-résident fiscal français, certains revenus restent toujours imposables en France. Ce sont les revenus de "source française". Voici les principaux :
- Revenus fonciers : si tu loues ton appartement ou ta maison en France, ces loyers sont imposables en France. En 2026, le taux minimum applicable aux non-résidents est de 20 % sur les premiers 29 579 € de revenus de source française, puis 30 % au-delà. Tu peux aussi être soumis aux prélèvements sociaux (17,2 % pour les résidents UE/EEE/Suisse). Dépôt de la déclaration avant le 30 juin (date limite spécifique non-résidents).
- Dividendes et intérêts de placements français : imposables en France si versés par une société française. La retenue à la source française (30 % PFU généralement) s'applique avant que tu les touches.
- Plus-values immobilières : si tu vends un bien immobilier en France depuis l'Australie, la plus-value est imposable en France (19 % + 17,2 % PS pour les non-résidents EU, avec abattements selon durée de détention).
- Pensions et retraites françaises : imposables en France selon la convention franco-australienne.
- Salaires d'activités exercées en France : si tu travailles à distance pour un employeur français tout en étant en Australie, ça peut créer une situation complexe. À clarifier avec un conseiller fiscal.
Pour les revenus fonciers notamment, garde tous tes justificatifs : quittances de loyer, relevés de charges, factures de travaux. Tu peux déduire tes charges réelles (régime réel) ou opter pour le micro-foncier (abattement forfaitaire 30 %).
La convention fiscale France-Australie expliquée simplement
La France et l'Australie ont signé une convention fiscale en 1976, mise à jour en 2009 et intégrée à la Convention Multilatérale de l'OCDE (entrée en vigueur côté France en 2018). Son objectif principal : éviter la double imposition — que tu ne paies pas deux fois des impôts sur le même revenu dans les deux pays.
En pratique, voici comment ça fonctionne pour un PVTiste :
Principe de la résidence principale
La convention stipule que le pays de résidence principale (celui où tu es résident fiscal) a le droit d'imposer tes revenus mondiaux. Si tu es résident fiscal australien, l'Australie impose l'ensemble de tes revenus. La France n'impose que tes revenus de source française.
Méthode d'élimination de la double imposition
Si tu es dans le cas 2 (résident fiscal français avec des revenus australiens), la convention prévoit un mécanisme de crédit d'impôt : les impôts payés en Australie sur tes revenus australiens viennent en déduction de l'impôt français dû sur ces mêmes revenus. Tu n'es jamais taxé deux fois sur le même argent.
Qui paie les impôts sur les revenus australiens ?
La réponse courte : l'Australie. Les salaires gagnés en Australie sur un visa WHV 417 sont imposés à la source par l'ATO. En 2026, le taux applicable aux Working Holiday Makers est de 15 % sur les premiers 45 000 AUD, puis barème progressif au-delà. Si tu es non-résident fiscal français, la France ne touche pas à ces revenus.
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FAQ — Les questions les plus posées sur les impôts et le PVT
- Dois-je déclarer mes revenus australiens en France pendant mon PVT ?
- Si tu es non-résident fiscal français (cas le plus courant pour un PVT de plus de 6 mois sans foyer en France), non. Tes revenus australiens sont imposés uniquement en Australie. Si tu restes résident fiscal français (foyer ou revenus en France), tu dois les déclarer en France via le formulaire 2042 NR, mais la convention franco-australienne évite la double imposition grâce au mécanisme du crédit d'impôt.
- Comment devenir non-résident fiscal français avant le PVT ?
- Il faut remplir les conditions légales : ne plus avoir de foyer en France, ne pas y séjourner plus de 183 jours dans l'année, ne plus y exercer d'activité professionnelle principale, et ne plus y avoir le centre de ses intérêts économiques. Ensuite, tu préviens ton centre des impôts de ton départ et tu bascules vers le Service des Impôts des Non-Résidents (SIPNR). Ça ne se "demande" pas, ça se constate selon ta situation réelle.
- Je loue mon appartement pendant mon PVT : comment ça se passe pour les impôts ?
- Tes revenus locatifs restent imposables en France même si tu es non-résident fiscal. En 2026, le taux minimum est de 20 % jusqu'à 29 579 € de revenus fonciers annuels. Tu dois déposer une déclaration de revenus fonciers (formulaire 2044 ou micro-foncier 2042 selon le régime choisi) avant le 30 juin de l'année suivante. Pense à conserver tous tes justificatifs de charges déductibles.
- Mon PEA va-t-il poser problème si je pars en PVT ?
- Oui, si tu continues à y verser de l'argent. Un non-résident fiscal ne peut pas alimenter un PEA selon la loi française. La solution : geler les versements avant ton départ et ne reprendre qu'à ton retour. Les gains accumulés et les positions déjà ouvertes ne posent pas de problème — seulement les nouveaux versements. Ne clôture pas ton PEA : tu perdrais l'antériorité fiscale.
- Est-ce que je peux encore utiliser mon espace impots.gouv.fr depuis l'Australie ?
- Oui, totalement. L'accès en ligne n'a pas de restriction géographique. Connecte-toi à ton espace particulier sur impots.gouv.fr avec tes identifiants habituels. Tu peux y suivre ta situation, faire tes déclarations et consulter tes avis d'imposition. Pense simplement à mettre à jour ton adresse australienne dans ton profil.
- Que se passe-t-il fiscalement quand je rentre en France après le PVT ?
- Tu redeviens résident fiscal français à partir de la date de ton retour (si tu remplis à nouveau les critères). Pour l'année de retour, tu auras une situation "scindée" : non-résident jusqu'à la date de retour, résident après. Tu déclares les deux périodes sur ta déclaration de revenus de l'année suivante. Aucune régularisation n'est due sur tes revenus australiens si tu étais correctement non-résident pendant ton PVT.
- Suis-je exonéré de CSG/CRDS sur mes revenus australiens ?
- Si tu es non-résident fiscal français, oui — la CSG et la CRDS (prélèvements sociaux, 17,2 % en 2026) ne s'appliquent généralement pas à tes revenus australiens. En revanche, elles s'appliquent à tes éventuels revenus fonciers français si tu n'es pas affilié à un régime de sécurité sociale d'un État de l'UE/EEE. Pour les PVTistes avec une assurance PVT (voir notre guide sur l'assurance PVT Australie), la situation peut varier — consulte ton centre des impôts pour confirmation.
Plan d'action : ce que tu dois faire avant, pendant et après
Voici les étapes concrètes, dans le bon ordre, pour gérer ta fiscalité française sans mauvaise surprise :
- 3 mois avant le départ : évalue ta situation — as-tu un foyer, des revenus, un PEA, un bien locatif en France ? Selon ta réponse, prépare-toi à être résident ou non-résident fiscal.
- 1 mois avant le départ : préviens ton centre des finances publiques de ton départ, arrête les versements sur ton PEA, informe ta banque de ton changement de résidence, récupère tous tes justificatifs de revenus de l'année en cours.
- Jour du départ : note la date exacte — c'est la date de rupture de résidence fiscale française, qui sera utile pour ta déclaration de l'année suivante.
- Pendant le PVT : déclare tes revenus de source française (loyers, dividendes) si tu en as. Garde tous les justificatifs de tes revenus australiens (payslips, income statement de l'ATO) pour la déclaration australienne via myTax.
- Avant le 30 juin (chaque année) : si tu as des revenus fonciers français, dépôt obligatoire de la déclaration auprès du SIPNR.
- Au retour en France : signale ton retour aux impôts, reprends les versements sur ton PEA si souhaité, déclare l'année "scindée" sur ta prochaine déclaration annuelle.
Si ta situation est complexe (revenus des deux pays, bien immobilier, activité indépendante), n'hésite pas à consulter le Service des Impôts des Particuliers Non-Résidents directement (0033 1 72 95 20 42, depuis l'Australie) ou un expert-comptable spécialisé expatriés. Le coût d'une heure de conseil est largement inférieur aux pénalités d'un dossier mal géré.
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